Saison 7 Episode 1 S701

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Famille et amis, kalimera, καλημέρα
Depuis que l’été est arrivé, nous sentons poindre une interrogation dans vos esprits, nous concernant : mais où sont les Elbaz ? ont ils repris la mer ? mais où est leur bateau, déjà ?
Pour répondre à vos inquiétudes, mais où est passée notre modestie ? , voici de nos nouvelles
C’est à bord d’un petit coucou à hélices de 40 places  que nous avons fait le trajet d’Athènes à Léros, une île du Dodécanèse , située à 35 km de la frontière turque, et 15 miles nautiques des côtes turques. Dans le chantier Artemis Leros Boatyard, situé au nord de l’île dans la baie de Parthéni , notre voilier sur ber nous attend depuis septembre dernier. Artémis est la déesse protectrice de Léros et nombre de restaurants et hôtels portent son nom ou y font référence, ici. On survole les ruches nichées au creux des collines, on est brinquebalé mais l’atterrissage se passe sans heurt, Patrick félicite le commandant de bord.
Une voiture, réservée à l’avance, nous attend au petit aéroport. Comme le chantier est isolé, coincé entre mer et collines, cette petite Kia nous est bien pratique..D autres plaisanciers préfèrent se déplacer en quad, en cyclomoteur ou en scooter. Vu mon état de fatigue quand nous arrivons, j’en suis à mon 11ème jour de jeûne et n’absorbe que de l’eau, on a préféré louer une voiture.
Le soleil est moins chaud qu’à Paris, paradoxe du dérèglement climatique ? Le vent sur cette île est incessant mais on s’habitue à sa chanson dans les drisses et les haubans.
Après rangement du bateau, on reprend nos habitudes dans l’île qu’on a visitée de fond en comble l’an passé, ses moulins à vent rénovés, sa forteresse byzantine, le château de Pandeli,  ses églises orthodoxes blanches aux toit arrondi bleu ou brique, ses micro chapelles le long des routes, ses criques aux multiples bleus, sa route des vins, tout nous est familier. Patrick accompagne Fabienne pour faire les courses car elle est épuisée. Elle est contrainte de s’allonger toutes les 3h pendant 1/2 h avant de retourner à son ouvrage, nous préparons le bateau après l’hivernage en vue de la remise à l’eau. Nous nous baladons dans les collines, en fin de journée, autour du chantier où se trouve le bateau. Les chèvres y chantent  une autre mélodie.
Des palettes préparées à Gif sont arrivées et avec joie, nous déchargeons deux trottinettes électriques et un nouveau four, tout beau, que Patrick installe aussitôt.
Nous allons nous détendre en fin de journée à la plage de Blefoutis, à 5km de là.
Patrick s’entaille la main, ce qui lui vaut 5 strips posés par son infirmière préférée et un bandage protecteur pour qu’il puisse continuer son travail de révision du bateau.
Fabienne poursuit son jeûne. Poids, tension, pulsation sont les constantes qu’elle surveille tous les jours.
N’étant pas assez forte pour conduire, Patrick l’emmène à la plage chaque après-midi , où elle se repose et se baigne, car l’eau de mer lui  fait un bien fou et la ressource. A présent, chaque jour, elle longe la plage à la nage pendant environ 25mn d’affilée, c’est un vrai plaisir dans la baie paradisiaque de Blefoutis. Elle y écrit, y dessine même, y lit allongée sur une chaise longue disposée comme une vingtaine d’autres le long de la plage et mise à disposition , sous des parasols fixes à toit de  paille et à montant de bois. La baie est très protégée et accueille petites embarcations de pêche  et voiliers de passage, son regard est toujours attiré vers une tour isolée située tout en haut de la colline plongeant du côté opposé, dans la mer.
 Bien qu’à jeun, elle inaugure la nouvelle gazinière et cuisine pour Patrick, couleur locale, aubergines, ratatouille, carottes à l’orientale, salade de tomates, concombres et fêta, mais aussi des sablés chocolat, amandes ou nature, préférables aux biscuits industriels aux graisses trans !
Elle a perdu en 2 semaines 13% de son poids et sa tension artérielle est dangereusement descendue à 8/6, tension basse et pincée, elle décide d’arrêter son jeûne.La reprise alimentaire doit durer la moitié du temps réalisé, elle a jeûné 16 jours.
Elle épluche courgettes, oignons, poivrons, carottes, salade et champignons et en bois le bouillon après cuisson vapeur. Ce breuvage lui apporte un  goût savoureux dans la bouche et comme dans un orchestre symphonique, elle essaie de  déceler  à chaque gorgée le goût de chaque légume, ces oligo éléments lui redonnent un semblant de vitalité.
La nuit, les chèvres jouent un  vrai concert avec le son  de leur  clochette, agrémenté de leurs chevrotements, bêlements et autres façons de bégueter. Dès 6 heures du matin, leur musique est couverte  par le son du clairon, de la caserne toute proche. Dans le chantier, passe chaque matin un boulanger vendant aux plaisanciers en attente de navigation pain, feuilletés salés et sucrés, pizza. Le soir, après le dîner, soirée détente avec Le Bureau des Légendes, saison 3, ah, l’agent Malotru /  Kassovitz, on souffre avec lui !
Pour la première fois depuis 20 jours, Fabienne reprend de la nourriture solide, une purée de légumes avec lesquels elle avait fait le bouillon,  un vrai délice même si les premières bouchées sont dures à avaler. Même si sa tension est encore à 8/5 ce matin, elle pense reprendre des forces rapidement avec l’alimentation prescrite. Elle entame à présent pour 1 mois le régime cétogène qui est un complément du jeûne. Elle espère après tous ses efforts se préserver d’une nouvelle récidive et achever définitivement, si, si, ces cellules tumorales et ces métastases qui empoisonnent son corps et sa vie.
La température a progressivement monté depuis notre arrivée et se maintient à 30°C, voire 35°C, au plus chaud de la journée, tandis qu’en France, (l’ informatrice du Centre de la France est la Maman de Fabienne et celles d’Ile de France de Patrick sont les employées de Codexim) la chaleur s’est transformée en orages et la température a brutalement chuté, jusqu’à remettre en route le chauffage !
Forme et tension ont du mal à remonter mais Fabienne reconduit et va seule à la plage, accompagnée d’un cahier et de son livre du moment, Au temps du Minotaure, un roman de Thomas Burnett Swann,  sur la Crête où nous espérons accoster en juillet.
Patrick travaille activement au réarmement du bateau et à sa révision. Il ne veut prévoir aucune date de départ et avance aussi vite qu’il peut,. Il renonce même à ses baignades quotidiennes d’à peine 10 minutes pour avancer plus vite. Le matin, il travaille pour sa société et l’après-midi se consacre au voilier.
Côté technique,
un nouveau radeau de survie a été livré au chantier, notre projet de circumnavigation nécessite une révision régulière du matériel de survie. L’ancien est récupéré par des employés du chantier.
Patrick a installé une pompe de secours de très gros débit, en cas de voie d’eau.
 Cette année, on a opté pour une antenne wifi omnidirectionnelle, le wifi est amplifié et diffuse dans tout le bateau. Finies les galères de réseau, si un réseau existe près de notre mouillage ou au port, on le capte et on l’amplifie à tout le bateau, à nous Internet, même au mouillage.
Un micro pour la BLU (Bande Latérale Unique utilisée pour les liaisons de téléphonie, de haute et moyenne fréquence  dans le domaine maritime, militaire, de l’’aviation ou radioamateur) a été installé en lieu et place du vieux combiné en bakélite qui ressemblait à celui de ma grand-mère.
Le cordon spiralé du micro de la VHF, qui nous sert à appeler les autorités portuaires à notre arrivée dans les ports, a été réparé.
Patrick s’est attaqué au moteur, il a changé les filtres de gasoil et d’huile, le préfiltre qui sert à séparer l’eau du gasoil, a installé un second filtre à eau de mer pour augmenter la capacité de filtrage de l’eau de mer nécessaire au refroidissement du moteur. Il a vidangé l’inverseur, la boîte de vitesse du moteur et nettoyé et contrôlé les connecteurs électriques du moteur. Le test moteur à l’issue de cette révision a réussi. Patrick n’est pas un bricoleur mais plutôt un ingénieur multidisciplinaire.
Les 47 vis du hublot fixe du roof qui fuyait ont été changées, Patrick met la colle, Fabienne dispose les vis, le travail conjoint doit être rapide avant que la colle ne prenne.
Le vérin hydraulique du pilote automatique a été remplacé car comme tous les grands navigateurs, on ne ne barre pratiquement jamais, la barre est une bonne thérapie pour ceux qui ont le mal de mer.
Enfin, il a vérifié la mise en place , en prévision des longues traversées, du système de sécurité en cas d’homme à la mer, la situation de la perche, la bouée en U et le feu à éclat.
Bien sûr, il contrôle également les travaux exécutés par le chantier (antifouling notamment,  peinture antisalissure  contenant des biocides destinée à empêcher les organismes aquatiques de se fixer sur la coque des navires ), c’est aussi le rôle du Cap’tain .
Comme en navigation, tandis que Patrick est aux manoeuvres, Fabienne choisit les destinations de mouillage et d’escale. Elle potasse guides de navigation nautiques et guides touristiques et en extrait la substantifique moelle.
Tandis que Fabienne écrit le matin, les chèvres continuent leur chevrotement et font tinter leur clochette, la température est uniforme à 32°C, mais supportable car  la chaleur fait partie du paysage et de la culture hellénique.
Nous sommes environnés de hautes collines arides où alternent oliviers et thym en fleur. Les habitants circulent pour la plupart en 2 roues motorisées, sans casque et à vitesse raisonnable car les routes serpentent, encadrées par des maisons disparates aux jardins fleuris de bignones, bougainvillées, hibiscus et bordés de lauriers rouges, blancs et roses.On y a même vu un albizia, cet arbre à soie ou mimosa de Constantinople qui parsème son feuillage d’acacia de plumes roses. De petites boutiques s’égrennent le long des voies cahoteuses, vendant qui des matelas, qui des tapis, qui des légumes, qui pain et fromage mais aussi un centre multimédia. Patrick se demande comment ils font pour vivre. Leurs boutiques viennent de leurs parents, pour la plupart, sans loyer à payer, ils continuent leur activité, sans richesse mais sans grand tracas. Tout de même, on trouve aussi quelques  supermarchés sur l’ile qui vendent aussi de la quincaillerie.
La proximité de la Turquie a suscité la mise en place d’un camp de réfugiés, régi par la Croix Rouge Internationale, on reconnaît ces réfugiés lorsqu’ils sont accompagnés de leur femme voilée, signe extérieur de reconnaissance car les hommes sont habillés à l’européenne. En Asie Mineure, Grecs et Turcs se ressemblent et devraient être frères, tout comme les Proche et Moyen Orientaux qui doivent fuir leur pays pour survivre.
Il est vrai que la diaspora hellénique est elle aussi considérable en comparaison de la population d’environ 10 millions d’habitants. Les Grecs sont près de 6,5 millions dans le monde et principalement aux Etats Unis, (Chicago est la 3ème ville grecque du monde après Athènes et Salonique). Ils ont une longue tradition d’immigration.
Ici, les terrains à vendre pullulent, mais que faire d’un maquis escarpé, sans eau, sans électricité, sur une île pas même engluée par le tourisme. Ces îles du Dodécanèse sont plus sauvages et moins touristiques que les Cyclades, seuls y viennent quelques Grecs athéniens ou des Italiens qui au temps de leur occupation coloniale, de 1912 à 1948, y avaient acquis une maison et qui par habitude y reviennent même s’ils ne possèdent plus les palais que leurs aïeux avaient fait construire. Léros était une base navale italienne. Cette île fut en effet choisie pour son importance stratégique et sa géomorphologie car elle présente de nombreuses baies naturelles bien protégées. Maintenant, c’est une halte appréciée des voileux. Le vent y est moins violent que dans les  Cyclades, ces îles devenues artificielles, peuplées uniquement l’été, où la moindre petite chambre affiche la pancarte ενοίκιο / for rent ! Certaines îles ont été si asséchées par l’affluence touristique que depuis les années 60, elles ont été désertées par la population qui ne revient que l’été pour accueillir les touristes, en mal d’authenticité et où l’eau est apportée par bateau-citerne ! Est ce ainsi que les hommes vivent ? pour reprendre Aragon.
Sur notre voilier, nous essayons d’être autonomes mais malgré tout, pour y accueillir nos enfants, n’hésitons pas à utiliser tout ce que la technologie permet et avec grande joie en plus. Nous sommes pétris de paradoxes. Dilemme entre rassembler autour de nous notre clan à bord de notre voilier et défendre nos valeurs écologiques, en polluant le moins possible à bord mais en  invitant nos enfants à nous rejoindre en avion. Primauté de la famille !
Vos commentaires sont les bienvenus !

9 Replies to “Saison 7 Episode 1 S701”

  1. merveilleux reportage et magnifiques photos. enfin des nouvelles; FABIENNE a toujours été là pour moi. elle m’a soutenue dans des moments difficiles. comment puis je vous soutenir?

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  2. Mes chers amis, c’ est du plateau de la Hak que nous vous envoyons pleins de baisers, pour vous féliciter pour le très beau blog et son contenu. Hâte d’avoir des nouvelles. Nadja et Klaus

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  3. Contents des news et ravis de partager ce beau voyage avec vous. c’est génial..!! Merci et bonne continuation.
    Affectueuses pensées…!! Gros bisoussssssssss

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  4. Chère Fabienne cher Patrick, c ‘ est de la Hak que nous vous souhaitons un magnifique 14 juillet. Vive la France, vive la vie. Nous vous embrassons.

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  5. Chers Amis, quel plaisir de lire à nouveau ces très beaux récits, si merveilleusement écrits, quel talent.
    Profitez de Malte, envoyez pleins de baisers de ma part jusqu’ à la côte libyenne, si mal connue malheureusement…
    Ai trouvé le Câprier, et les légumes sont des gombos, pas facile à cuisiner.
    Nous vous embrassons de la Hak, et nous vous donnerons de nos nouvelles, de Vilamoura, à bord de notre Carpe Diem. Enjoy . Nadja et Klaus.

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    1. Bravo pour les gombos appelés en Grèce et aussi en Turquie bamya ou corne grecque ! Cette plante qui ressemble à un cornichon allongé et aux soies duveteuses se mange en salade une fois cuit à la vapeur.
      Le câprier pousse ici dans des sols arides, les câpres conservées dans une saumure agrémentent les salades et les feuilles tendres et savoureuses sont mangées en salade, comme sur la photo.
      Bravo encore pour ta perspicacité !
      Un crayon « opale » de gagné ! Remis en mains propres à notre retour en Ile de France autour d’un verre et de la piscine !

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  6. merci de ces photos de mer et de vos activités fébriles autour d’opale qui apportent du soleil et du mouvement dans le 11 ième arrond. ou nous attendons les jumeaux de marie prévus pour les semaines à venir
    nous sommes rassurés, vous avez l’air dans une forme parfaite
    on vous embrasse mc et ben

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